Parlez-vous bébé ?

Les deux premières années, votre enfant a un langage bien à lui. Ses émotions peuvent se lire sur son visage, son corps et au son de sa voix.
C’est fini le temps où certains pensaient qu’une bébé ne fait rien que dormir et manger. Au contraire, c’est un être curieux de tout qui apprécie la communication avec les autres. Sa nouvelle vie lui demande beaucoup d’énergie. C’es pourquoi il est vite fatigué et doit se reposer. Communiquer avec bébé se fait bien sûr naturellement, mais les spécialistes ont pu observer que l’on pouvait mieux comprendre les besoins de l’enfant, répondre à ses désirs en décodant ce langage bien particulier qui évolue depuis la naissance jusqu’au 24è mois. Très riches d’enseignements, ces observations sont un échange permanent entre vous et lui, et vous lui donnez autant qu’il vous donne.
Neuf signaux à décrypter
Ces signaux que vous envoie votre bébé se divisent en deux catégories. Primo, les signaux de plaisir que sont l’intérêt, la joie et la surprise. Secundo, les signaux de détresse rassemblent le désarroi, la colère, la peur, la honte, le dégoût (réaction à un goût déplaisant) et la répulsion (réaction à une mauvaise odeur). Comment optimiser les premiers et gérer les seconds.
Les signaux de plaisir
L’intérêt : à encourager
Quand bébé est intéressé par quelque chose, c’est tout son corps qui parle, et ce dès sa naissance. Si l’objet ou l’animal en question change de place, il ne le quitte pas des yeux. On peut lire son air captivé sur ses sourcils qui s’animent, sa bouche souvent un peu ouverte et son corps en alerte. S’il rampe ou s’il marché déjà, il ira vers lui. Si l’objet en question est trop précieux ou dangereux, il s’agit alors de lui dire simplement qu’il a fait une belle découverte et en même temps, de l’attirer vers un autre objet moins problématique en le distrayant.
La bonne attitude : l’aider à explorer en toute confiance, sans qu’il se sente coupable si l’objet n’est pas pour lui en ce moment. Satisfaire ses grands besoins de stimulations quand il n’est pas fatigué ou énervé. Si c’est le cas, il s’agit de l’apaiser. En résumé : validez l’intérêt de l’enfant en lui parlant et en lui expliquant car les bébés comprennent beaucoup plus de choses qu’il n’y paraît.
Les activités préférées des bébés : la lecture autour de 6/9 mois, les peluches, les promenades, la musique et les chansons, le hochet et bien d’autres qui peuvent nous sembler incongrues, mais qui méritent l’attention de bébé car lui, il a tout à découvrir.
La joie : la cultiver et ne pas l’ignorer
La joie, c’est ce que bébé ressent quand il fait son grand sourire avec des lèvres qui s’étirent bien vers le haut du visage et sur les côtés. Ses yeux brillent et les sons qu’ils prononcent sont aigus. Ce qui peut aller crescendo jusqu’aux éclats de rire bien bruyants. La joie est éphémère mais très importante à encourager. Beaucoup de choses sont en interaction avec ce sentiments : la stimulation des sens comme le toucher, l’ouie et la vue.
La bonne attitude : L’idéal est de partager ce moment avec lui en nommant cet échange avec les mêmes gestes que lui et en lui montrant que vous ressentez cet joie aussi.
Des plaisirs simples : ils adorent bouger, tourner, monter en l’air, se promener, danser, jouer, participer… et découvrir toujours de nouvelles activités.
La surprise : vers l’intérêt
Sourcils levés, yeux grands ouverts, bouche en forme de 0…il se tourne vers l’objet de sa surprise et ils sont nombreux. Pour que cela ne se transforme pas en peur, il faut rassurer bébé et lui parler de ce qu’il voit et ressent.
La bonne attitude : pour que les expériences surprenantes deviennent des évènements positifs et non pas effrayants, amener l’enfant à mieux comprendre en reconnaissant ses émotions, en appréciant sa réaction, voire de le guider vers ce nouvel objet si incroyable : il devient apprentissage
Les signaux de détresse
Le désarroi : y être attentif
Pleurs, sourcils arqués, bouche tombante, larmes, sanglots réguliers, agitation, repli…de nombreux signes évoquent le désarroi parfois jusqu’à l’angoisse. Ce ne sont pas des caprices, mais des signaux de détresse causés par la fatigue, la faim, le bruit, une séparation, une couche sale,etc. Les émotions qui traversent bébé sont trop fortes et il réagit à sa manière.
La bonne attitude : lui dire que vous avez compris et ne pas ignorer, ni le gronder. Tentez de l’apaiser sans minimiser la douleur de bébé. Après avoir reconnu ses sentiments, passez à l’action. Il s’agite ou il s’ennui : il a besoin de stimulations avec autrui par exemple comme écouter une histoire, une musique, ou participer à une activité, etc.
La colère : trouver la cause
Mâchoire serrée, lèvres pincées ou grimaçantes montrant les dents, visage rouge, grincement de sourcils…bébé pleure et bat des pieds. Et puis, c’est la rage ! Impossible à contrôler par les petits, les bases de la colère proviennent d’un désarroi trop excessif qui dure. C’est pourquoi il faut être attentif au désarroi.
La bonne attitude : calmer sa contrariété en la comprenant est la première chose à faire. Trouver une solution et elle est facile à trouver quand il s’agit de la faim, la fatigue,etc. Tentez aussi de vous contrôler car cette réaction positive influencera aussi bébé vers un meilleur contrôle de ses émotions plus tard.
La peur : la reconnaître et la gérer
Les yeux grand ouverts, la peau pâle, des tremblements, des changements de température du corps entre le froid et la transpiration, un état très calme ou des hurlement …et au bout, c’est la terreur. Pour ne pas que la peur devienne chronique et toxique, il faut la nommer sans essayer de la supprimer. Bien évidemment, ne jamais frapper un enfant avec une fessée ou une claque car cela signifie que vous ne savez pas gérer le problème ni communiquer. Le monde intérieur de l’enfant sera alors rempli de peur et de rage.
La bonne attitude : calmer bébé en lui expliquant la situation, puis éloignez-le. Tentez de renverser cette phase en montrant de l’intérêt. En aucun cas, ne faites partager vos propres peurs et phobies à votre enfant en lui expliquant pourquoi l’ascenseur vous terrifie…
La honte : ne pas étouffer l’intérêt
Les yeux se baissent, les épaules tombent, le visage s’affaisse…., bébé détourne le regard et ses paupières se dirigent vers le bas. De la honte, il peut passer à l’humiliation, et du désarroi à la colère. Cela survient quand il y a trop de limites imposées à son comportement quand son intérêt à faire les choses est stoppé quand il est critiqué pour que qu’il est et non pour que qu’il vient de faire.
La bonne attitude : canalisez son comportement. Faites-lui des éloges sur ses centres d’intérêts et réduisez les critiques au maximum. Encouragez toujours la joie et l’intérêt avec les nouvelles stimulations et les nouvelles activités.
Le dégoût et la répulsion : accepter la différence
En rapport avec les odeurs et les goûts, les signaux sont la lèvre inférieure et la langue baissée en avant. Si bébé n’aime pas les épinard, ce n’est pas par caprice mais plutôt à cause de son degré de tolérance à cette saveur. C’est avec le temps en lui proposant différentes variétés d’aliments que bébé s’aventurera avec plaisir et de lui même.
La bonne attitude : reconnaître qu’il n’a pas les mêmes goûts que vous, et laisser de la place à son autorégulation naturelle. Son sens du goût va se développer avec vos explications sur la provenance de ces aliments par exemple : d’où viennent les choux-fleurs et comment pousse une pomme de terre.

